Style – 1960-1980, 20 ans de Belmondo

L’acteur préféré des Français a fêté ses 85 printemps le 9 avril dernier. Affaibli physiquement depuis son AVC en 2001, ses mots bienveillants sont intactes et son oeil toujours rieur. Il a traversé le cinéma français sans jamais être A Bout de Souffle et est resté le Flic ou Voyou adoré. Le style Bébel existe ! La preuve en vingt année de cinéma.

A bout de Souffle, 1960

Période Nouvelle Vague avec le réalisateur Jean-Luc Godard, Belmondo incarne le souffle de la jeunesse française des années 60.  Un style cinématographique inconnu jusqu’alors pour un jeune acteur symbole d’un style à la française dirait-on aujourd’hui. Il est surtout le reflet de la société des sixties avec cravate sombre des groupes de rock, veste en tweed piquée aux Anglo-saxons et cigarette française brune sans filtre !

 

Le Doulos, 1962

le polar à la française signé Jean-Pierre Melville. Chapeau mou, Trench ceinturé, complet sombre, chemise blanche et cravate noire. Une signature éternelle des codes vestimentaires du gangster adoptée par les inspecteurs de police qui sera reprise par Delon dans Le Samouraï également. Mythique. A noter l’excellent Serge Reggiani en chemise flanelle sur la photo…

 

L’Homme de Rio, 1964

Philippe de Broca, nous fait courir Jean-Paul Belmondo de Paris à Rio en passant par Brazilia en construction par Niemeyer, le temps d’un week-end de permission. Chemise militaire bleu ciel avec poches à rabat, veste à carreaux minuscules en laine froide et bien sûr la veste blanche du tuxedo qui ne se porte que sous les tropiques sont les vêtements rudement mis à l’épreuve par un Bébel survolté.

 

Tendre Voyou, 1966

Belmondo dans le rôle d’un gigolo tout feu tout flamme avec son copain du Conservatoire Marielle ! Une comédie dialoguée par Audiard qui nous fait voyager au gré des rencontres féminines. On retient le sublime ensemble col roulé+cardigan bicolore de Jean-Paul Belmondo. A adopter.

 

Borsalino, 1970

La rencontre des deux monstres sacrés du cinéma français. Delon et Belmondo à l’écran, dans ce film sur la pègre de Marseille, ravivent le style années 30 ; casquette Gavoche, costume trois pièces de Tweed et mitraillette à camembert.

 

Le Casse, 1971

Course poursuite entre un flic et un voyou (en Fiat 124 Spécial T) dans les rues d’Athènes. Le combo col roulé couleur craie et le blouson en cuir type A2 col moutonné signe le style du film et de Belmondo dirigé par Henri Verneuil. A copier !

 

L’Héritier, 1973

Le film de Philippe Labro magnifie un Belmondo au top de sa forme, dans le rôle de l’héritier qui réussi. Une vision américaine du polar pour dépeindre la société capitaliste avec costume impeccable ligné, chauffeur et Jaguar équipée d’un téléphone, femme et maitresse. Il y a du Tapie année 80 dans Bart Cordell aka Jean-Paul Belmondo qui porte le costume strict à merveille. A noter le rôle toujours discret et efficace de Charles Denner en aide de camps fidèle et la sublime Maureen Derwin dans un rôle de femme fatale comme souvent.

Le Magnifique, 1973

Belmondo le magnifique ! Bob Saint-Clar en 007 d’opérette sous la plume de François Merlin, écrivain poussiéreux de romans de gare. Un chef d’oeuvre burlesque parodiant 007 bien avant Austin Powers et OSS version Dujardin. Elégance toute 70 avec un manteau de fourrure dingue, des vestes criardes gansées à larges revers et à la taille prise et chemise à jabot. On notera le col châle de l’écrivain Merlin et le pull moulant la belle poitrine de la très belle Jacqueline Bisset. Magnifique !

 

Stavisky, 1974

Le grand scandale politico-financier de la IIIe République mis en scène par Alain Resnais. Belmondo endosse le rôle de l’homme d’affaires sans scrupule. Costume de banquier avec oeillet rouge et robe de chambre en soie vermillon pour fumer le cigare. Une autre époque.

 

L’Incorrigible, 1975

Le divertissement made in Bébel ! Un one-man show taillé pour lui avec un rôle d’escroc au grand coeur, séduisant et amusant. Soutenu par un oncle et sa roulotte (Julien Guiomard !), Belmondo use des déguisements pour « gagner » sa vie et séduire l’assistante sociale. Costume croisé rayé et Jaguar Type-e, costume beige cravate à pois et 2 CV break et le peignoir blanc pour vendre le Mont Saint-Michel. Incorrigible !

 

L’Alpagueur, 1976

Belmondo en tueur à gages de luxe, barbouze de l’Etat, chargé des sales besognes. Il doit tuer l’Epervier, malfrat assassin sous les traits glaçants de l’excellent Bruno Cremer. Question style on retiendra le blazer camel sûrement en cachemire !

 

Le Corps de Mon Ennemi, 1976

L’étude des moeurs d’une ville de province du Nord de la France sous la caméra d’Henri Verneuil. Belmondo revenant dans une ville gangrénée par le milieu bourgeois industriel qui l’a accusé à tort d’un meurtre qu’il n’a pas commis. On retient le style Bébel froid dans les dialogues percutants, dans sa veste de sport « gun club check »  et son smoking parfait pour diriger une boite de nuit. Mention extraordinaire de Bernard Blier en grand bourgeois patron véreux tenant la ville ! Pour en savoir plus, notre article sur le magazine Les Grands Ducs.

 

Flic ou Voyou, 1979

Georges Lautner à la réalisation, Michel Audiard aux dialogues. Jean-Paul Belmondo dans le rôle du flic aux méthodes de voyou. Les prémices du Bébel des années 80… On a déjà ici le blouson de cuir XXL ouvert sur le Magnum 44, la cravate desserrée et le jean avec ceinturon. Un must pour l’époque. Et bien sûr la fameuse Lotus Seven blanche. Stanislas Borowitz, police des polices ! Mention spéciale au commissaire Galabru.

 

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