Entre hiver et printemps, le vestiaire masculin traverse une période subtile que les Anglo-Saxons appellent la shoulder season. Une saison intermédiaire où les couleurs changent peu mais où les matières racontent déjà le retour des beaux jours.

L

es Anglo-Saxons ont une expression assez juste pour ce moment de l’année. Ils appellent cela la shoulder season. Dans le tourisme, c’est la période entre deux saisons, quand la haute saison n’a pas encore commencé ou vient de se terminer.

Dans le vestiaire, l’image fonctionne assez bien aussi. C’est la saison où l’on garde encore quelque chose sur les épaules. Une veste, un cardigan, une saharienne. Une couche que l’on enlève à midi pour la remettre le soir.

Le vestiaire ne change pas, les matières oui

J’ouvre mon dressing et je retrouve toujours les mêmes repères.

Des pantalons gris. Des vestes bleues. Mes costumes aussi, souvent rayés. À première vue, rien ne semble vraiment changer d’une saison à l’autre.

Et pourtant si.

En hiver, ce sont des laines épaisses, des flanelles lourdes qui tiennent presque debout toutes seules. Puis les tissus commencent à s’alléger. Des mélanges laine et cachemire un peu texturés. Des flanelles plus souples. Et bientôt les toiles de laine deviennent plus sèches, presque aériennes.

Les Fresco ou les mélanges au mohair apparaissent alors. Des laines nerveuses qui bougent avec l’air et laissent respirer le corps.

La transition ne se lit pas dans la couleur. Elle se lit dans la matière.

On peut porter un costume gris foncé en mai et un bleu clair en janvier. La teinte raconte rarement la saison. Le poids du tissu, lui, ne ment jamais.

Les pièces qui annoncent la belle saison

Autour de ce tronc commun de bleus et de gris viennent alors quelques pièces qui changent l’allure.

Le costume mastic en coton.
La veste à chevrons en lin noisette.
Le pantalon en sergé de coton blanc.
Le costume gris clair en laine hopsack.
La saharienne en coton et lin olive.

Les chemises s’allègent elles aussi. La popeline devient plus fine. Le chambray remplace parfois le denim et apporte une texture plus douce.

Ces pièces ne sont pas forcément plus claires. Mais elles sont plus légères, plus respirantes et plus mobiles.

Le moment où le vestiaire devient intéressant

Mars est peut-être le mois le plus intéressant du vestiaire masculin.

On enlève une couche à midi. On la remet le soir. Le manteau disparaît doucement et la veste reprend sa place. Les matières deviennent plus ouvertes, les tissus plus nerveux, les silhouettes plus souples.

C’est le moment où le vestiaire recommence à respirer. Pendant que le vestiaire fait sa transition, les tissus de printemps et d’été sont déjà disponibles à l’atelier.

Ils n’attendent plus qu’une chose : devenir votre prochaine pièce, réalisée à vos mesures.

Panier

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