Dans l’Italie des années 60, certains éditeurs ne se contentaient pas de publier des livres. Ils façonnaient la culture populaire, fréquentaient les historiens d’art et roulaient en Ferrari. Dino Fabbri appartient à cette génération singulière d’entrepreneurs culturels devenus figures de la dolce vita européenne.

D

ans un resort des Caraïbes, un homme pose torse nu devant l’objectif de Slim Aarons. Chaîne autour du cou, regard de braise, peau tannée par le soleil.

Ce n’est ni un acteur ni un playboy. C’est Dino Fabbri, éditeur milanais et fondateur de Fratelli Fabbri Editori.

Qui était Dino Fabbri ?

Dino Fabbri était un éditeur milanais, cofondateur de Fratelli Fabbri Editori, l’une des maisons d’édition les plus influentes de l’Italie d’après-guerre. Dans les années 1960, ses collections vendues en fascicules dans les kiosques ont diffusé l’histoire de l’art dans des millions de foyers italiens.

Le succès des fascicules

À Milan, Dino Fabbri fonde avec ses frères Fratelli Fabbri Editori. Dans les années 60, leurs collections vendues en fascicules envahissent les kiosques italiens.

Des millions de familles découvrent l’histoire de l’art avec I Maestri del Colore. Giotto, Botticelli ou Caravage entrent dans les salons par la porte des marchands de journaux.

Le succès est immense. La fortune aussi.

L’élégance milanaise

Dino Fabbri appartient à cette bourgeoisie culturelle milanaise où se croisent éditeurs, industriels et historiens d’art.

Il fréquente Roberto Longhi et Lionello Venturi et s’habille chez A. Caraceni, le tailleur le plus respecté de Milan.

Mais le cadet des frères Fabbri a aussi la réputation d’être le plus mondain. Giovanni racontait leur différence avec humour :

« Moi j’étais au bureau à sept heures du matin. Dino arrivait vers neuf heures, encore endormi après avoir passé la nuit avec une belle fille. »

Ferrari 250 GT SWB California Spider chassis 2277 GT originally delivered to Italian publisher Dino Fabbri.

La Ferrari de l’éditeur

Dans son garage milanais, une voiture résume assez bien le personnage : une Ferrari 250 GT SWB California Spider, châssis 2277 GT, livrée neuve en 1961 dans une combinaison unique, Nocciola sur intérieur Tobacco.

Fabbri est un amateur éclairé de Ferrari cabriolets. On lui connaît aussi une 250 GT Cabriolet Série I, une 275 GTS et une 365 California Spider.

Sa California connaîtra ensuite une seconde vie inattendue. Revendue au chanteur Little Tony, elle apparaît dans plusieurs films italiens des années 60, dont Sissignore, où elle affronte une Lamborghini Miura P400.

La voiture réapparaîtra bien plus tard aux enchères, vendue par Gooding Christie’s en août 2025 lors du Pebble Beach Concours d’Elegance.

Une vie de jet-set européen

Dans ces années-là, Dino Fabbri mène une véritable vie de jet-setter européen.

Résidences à Milan, Paris, Megève et Londres, cercle mondain réputé pour son élégance impeccable, vacances sous les tropiques.

Les photographies de Slim Aarons capturent parfaitement ce moment où la culture, l’argent et l’art de vivre se croisent dans une même silhouette.

Un éditeur milanais, amateur d’art, client de Caraceni, collectionneur de Ferrari cabriolets et personnage de la dolce vita européenne.

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