La montagne a toujours été un décor de cinéma autant qu’un territoire de style. Bien avant le street style et Instagram, certaines stations alpines ont fixé des silhouettes, des attitudes, parfois même une époque entière. De Megève à Cortina, de l’Oberland suisse à Aspen, ces films ont imprimé dans la neige une manière de se tenir, de s’habiller et de regarder l’hiver. Une traversée cinématographique où le vêtement raconte autant que le scénario.

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uand les premières neiges recouvrent les Alpes juste avant décembre, les images de villages immaculés surgissent sans prévenir, comme une boule de neige en pleine figure. L’hiver appelle la montagne, mais aussi le cinéma.

Il est temps de préparer une liste de films à fort style, intimement liés à des paysages enneigés et à des stations devenues mythiques. Une excellente excuse, au retour des pistes, pour s’abandonner au canapé, au coin du feu.

Charade – Megève

Le costume de flanelle gris de Cary Grant s’efface devant les tenues spectaculaires d’Audrey Hepburn, créées par Hubert de Givenchy. De Paris à Megève, son chic décontracté révèle la station aux Américains. Une élégance lumineuse, légère, qui inscrit définitivement Megève dans l’imaginaire mondain international.

On Her Majesty’s Secret Service – Oberland bernois

Peut-être le meilleur Bond, même sans acteur culte. Une référence vestimentaire absolue. Combinaison bleu ciel moulante, lunettes futuristes, poursuites en altitude. Bond n’a jamais été aussi alpin ni aussi graphique. Le ski des années soixante dans sa version la plus stylisée.

Les Bronzés font du ski – Val d’Isère

La référence française par excellence. Tout est culte, tout est resté. Mention spéciale à l’ensemble Popeye, full Killy, aux couleurs patriotiques et géométriques. Le rêve absolu de l’époque, même quand la technique ne suit pas.

Where Eagles Dare – Bavière

Clint Eastwood et Richard Burton en commando suicide, en pleine Seconde Guerre mondiale, dans les Alpes bavaroises. Attaque par téléphérique, château perché, tension permanente. La smoke parka réversible off white et camouflage atteint ici un sommet du vestiaire militaire.

Dumb and Dumber – Aspen

Les années quatre-vingt-dix et leurs combinaisons colorblock subliment les deux crétins géniaux sortant de leur Lamborghini Diablo. Une caricature assumée du luxe américain version neige. Mention à la veste croisée matelassée en tissu navajo Woolrich, improbable mais mémorable.

Les Marmottes – Chamonix

Vacances de Noël dans un chalet cossu. Une famille recomposée qui rit, pleure, crie et se retrouve. L’ensemble col roulé blanc sous le pull moniteur col V de Daniel Gélin évoque les grandes heures du vestiaire des moniteurs de ski.

Downhill Racer – Wengen et Kitzbühel

Robert Redford impose une allure avant tout le monde. Esprit RRL avant l’heure sur les sommets enneigés européens. Manteau trois quarts en peau retournée, chemise en denim, casque argent. Un modèle du genre, tendu et solitaire.

The Shining – Oregon

Un décor qui hante encore. Chandails usés, pantalons flare, une banalité vestimentaire qui rend la folie plus inquiétante. Jack Nicholson dans son grand art, dans un hôtel où la neige n’a rien de rassurant.

The Grand Budapest Hotel – Zubrowska

Wes Anderson comme école du style. Chaque décor, chaque personnage, chaque couleur est une leçon de narration visuelle. Le groom mauve devient une icône, porté au nu. Fantaisie, rigueur et nostalgie réunies.

The Pink Panther – Cortina d’Ampezzo

Tout est chic. Le chalet de la Princesse, les tenues de Sir Charles et sa 250 GT California, le preppy du neveu, la pension feutrée et son bar à cheminée centrale. Cortina à son sommet. Milano Cortina 2026 a du travail.

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